LA BOURGEOISIE MAKOUT MONTRE SON VRAI VISAGE

3f51c3dc36498628440f6a706700e275Donnant une suite tout à fait logique à leur fasciste note du Forum économique du secteur privé, les bourgeois-makout de la sous-traitance ont lâché leurs chiens de garde : la police spécialisée en répression ! Sus donc aux militants alliés, sus aux syndicalistes, attaquer et frapper les ouvriers et ouvrières, embarquer quelques-uns… ! Les reportages du mercredi 18 passé et les témoignages des ouvriers battus, molestés, intimidés… comme au bon vieux temps des Duvalier, le montrent clairement. Dès le lendemain, une fermeture précipitée rompait le cycle des mobilisations. Depuis, les révocations pleuvent, sans discussion, sans préavis, sous accusation d’avoir participé aux manifestations « violentes ». Sans analyser d’où sortirait cette colère, sinon des conditions d’oppression et d’exploitation extrême qui existent dans ces tombeaux mal nommés.

On se demandera : qui aura « forcé » qui ? Il faudrait se référer aux videos de Kiskeya, pour véritablement se questionner : ces ouvriers et ouvrières dans les rues étaient-ils « forcés » de manifester ? Que rappellent ces situations où l’on cadenasse les barrières des usines de travail afin que les travailleurs ne puissent pas sortir à leur guise. Ou autre « journaliste », enquêteur quelconque, ou même employé de l’État… s’aventurer !

http://www.youtube.com/watch?v=guwkg1Jd_CM&feature=c4-overview&list=UUwnjXQD91atL_zhOaKbfcRg

La réaction des bourgeois-makout, tout comme nous le faisions déjà remarquer en 2009, n’a pas su relever la haine que leur voue « leurs » travailleurs. En effet, les plats arguments de leurs délégués aux médias ne mentionnent pas la lourde, longue, douloureuse et humiliante violence qui est faite en permanence à nos camarades et amis à l’intérieur de ces enfers aseptisés où l’oppression aplatit tout sourire et où seul le sale profit coule à flots. Il aura fallu attendre la chanson populaire (qui, en général, ne se prononce qu’après avoir longuement observé les faits qu’elle dénoncera plus tard) il aura donc fallu attendre les acerbes dénonciations d’un Ti Manno – L’Exploitation ! – pour palper le profond sadisme de cette relation de « partenaires ».

Où ces sanguinaires, après avoir par impérialisme interposé détruit la production nationale, arrivent, en « sauveurs », pour… donner du travail ! Eux qui ne sont qu’à la recherche du salaire à meilleur marché : leur « avantage comparatif ». « Donner du travail, dialogue social, protéger les ouvriers, combattre le chômage… » autant de mensonges qui ces jours-ci réapparaissent dans leurs discours, afin de mieux alimenter à nouveau la mystification qui leur est naturellement propre. À preuve, quand, à la zone franche de Ouanaminthe, la compagnie Levi’s tentait de partir sans crier gare, aucun d’entre eux ne leva le petit doigt pour « protéger les ouvriers et parer au chômage ». L’histoire de cet édifiant épisode suit. Il est bon de se la rappeler :

http://www.batayouvriye.org/Francais/Positions/levisreste.htm

Salaire minimum qu’ils essaient encore aujourd’hui et dans cette même logique d’exploitation sans limite qui leur est propre de réduire à néant, comme ils avaient tenté de le faire avec les mêmes arguments et les mêmes mensonges en 2009. Grâce à une pression plus « sophistiquée » (entendez : impérialiste à toute vapeur) ces pauvres exécutants, non contents d’avoir eu gain de cause en cette année de disgrâce, ont systématiquement ignoré les avancées de la Loi en refusant catégoriquement de permettre aux ouvriers et ouvrières d’accéder aux 300 gourdes légales à partir d’octobre 2012, se réfugiant derrière des manœuvres qui n’ont jamais permis aux travailleurs d’atteindre ce plafond. C’est pourquoi, encore une fois, la Workers Rights Consortium des États-Unis (WRC) les traita publiquement de « voleurs » ! Accusation qu’ils n’ont jamais eu le courage (ou l’audace)  de démentir.

La WRC est cependant un organisme ouvertement en défense des intérêts des ouvriers. On pourrait croire leurs conclusions biaisées. Il faudrait alors pouvoir prouver le contraire. Ce qui, à partir du sérieux de leurs recherches, n’est pas chose facile. En réalité, leurs enquêteurs n’ont fait que décrire un terrain que mondialement l’on sait de domination machiavélique. Car au Vietnam, au Cambodge, au Bangladesh, aux Philippines, en Indonésie…  que ces messieurs citent en exemple, la lutte là-aussi fait rage ! Là-aussi les ouvriers et ouvrières ne font que se battre contre cette « Race to the bottom » (Course vers le fond) qu’essaient de nous imposer ces mercenaires « nationaux ». Eux qui, en nous parlant de ces pays, nous les font paraître comme idylliques. Eh bien non ! Ce sont autant de bourgeoisies-makout chacune en son genre, sanguinaires internationaux d’un trafic « en place » de main-d’œuvre vendue.

Par contre, le Better Work Haïti (BWH) est, lui, un organisme officiel, placé pour veiller à l’application des prescrits que la Loi Hope/Help exigent. Or, ne voilà-t-il pas que cet organisme lui aussi va dans le même sens : « La totalité (La totalité ! soulignons-nous) des entreprises n’ont pas respecté l’ajustement de salaire en cette année 2013 » (Voir leurs site-web respectifs où ces rapports sont en première page).

Nous avions par ailleurs fait savoir que Gildan et Fruit of the Loom, marques commanditaires des gérants d’ici, avaient également demandé que ces trois cent gourdes soient respectées :

http://www.thestar.com/news/world/2013/11/18/gildan_vows_minimum_wage_for_haitian_garment_workers.html

http://www.fotlinc.com/pages/giving-back-to-the-world.html#.UorAFfnYeSo

Ce qui montre clairement un rapport. Mais le mieux reste toutefois que le Département du Travail nord-américain lui-même, à une rencontre avec ceux qui, à leurs yeux « exagèrent » et où nous fûmes invités (à titre de témoins de cette remontrance publique ?), leur présenta ces remarques, pour le moins désobligeantes, et à propos desquelles ces messieurs ne répondirent mot. Ce texte, que le Département du Travail nord-américain (!!) prit la peine d’écrire – en créole ! – se trouve en annexe.

Quand des adversaires disent des propos antagoniques l’un de l’autre, cela, pourrions-nous dire, est de bonne guerre. Mais, quand ce sont des alliés… !   Voyez alors. Prenez la peine de lire. Car il est bon de savoir avec qui la société progressiste haïtienne a affaire. Qui seraient alors les victimes, qui seraient les bourreaux ?

Ces gens cependant ont des appuis. À part le fait de bien nous décrire les caractéristiques de ces dégénérés historiques, ne nous laissons pas trop emmener par quelques remontrances du Département du Travail nord-américain à leur égard : ce sont les pressions populaires de leur pays même qui, de l’extérieur ou à l’intérieur de leur appareil d’État, les forcent à prendre des précautions. En ce sens, leur présence n’est que secondaire, même si, dans le jeu concret des forces, elle peut être, par à-coups, déterminante elle aussi. Le BWH exprime, lui, le fait qu’il a été débordé par l’outrecuidance de ces acteurs makouto-bourgeois. La mise en place forcée de ce gouvernement tel que nous le connaissons tous a aussi aidé : c’est l’une de ses tâches principales que de mystifier, mater et réduire à sa plus simple expression la résistance de la force de travail du peuple haïtien dans son ensemble et, de là, sa valeur, tant nationalement qu’internationalement. Le retour en force du duvaliérisme des derniers temps (Jean-Claudisme et Réconciliation) ne fait qu’augmenter la pression. Si l’on y ajoute la présence des Clinton quoiqu’aujourd’hui tamisée, l’on verra qu’il s’agit d’une force de poids. Anti-nationale, et anti-populaire déclarée.

Les travailleurs de toute sorte, tout comme les progressistes, démocrates et autres patriotes du terroir ont du pain sur la planche. La bataille « SALAIRE » en ce milieu de la sous-traitance, comme chaque fois et comme toujours, nous démontre clairement la clé du système qui nous opprime tous, MINUSTAH inclus. À nous tous d’en tirer les conséquences. Au plus vite.

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